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Ancienne clarinette tout ébène

Posté : 03 mars 2009, 12:37
par pitchoulou
Bonjour à vous.

Je viens de récupérer une (très) vielle clarinette buffet crampon tout ébène (Numéro de série : 15xxx).
Elle est dans un état qui m'empêche de la jouer :

- tampon pas tout neuf, avec certains en cuir jaune ( je n'ai vu ça que sur des 10s, merci de confirmer ou d'infirmer) d'autre en baudruche...
- ajustement et réglage à refaire
- Mais le plus dure je pense c'est un bois ultra sec avec les nervures du bois apparentes...

Pour les réparations courantes, je devrait m'en sortir. Par contre pour renourir le bois je "sèche" :mrvert: Avez vous une technique pour lui redonner une deuxième jeunesse?

Merci

Posté : 03 mars 2009, 12:47
par Tactus
pitchoulou a écrit : tout ébène [...] tampon [...] en cuir jaune
Oh bah elle est pas tout ébène alors ! :mrvert:
Je m'attendais à voir une clarinette tout en ébène, avec les clés et tout en ébène, je voulais déjà demander des photos !! :P

Re: Ancienne clarinette tout ébène

Posté : 03 mars 2009, 14:32
par Pierolivier
Tu peux déjà lire ces 3 sujets http://www.clarinette.net/forum/phpBB3/ ... f=5&t=3254
http://www.clarinette.net/forum/phpBB3/ ... f=5&t=3196
http://www.clarinette.net/forum/phpBB3/ ... 9&start=30
et aussi taper "huile" dans le moteur de recherche, et si t'as encore des questions un peu plus pointues reviens-y :wink:
PO

Re: Ancienne clarinette tout ébène

Posté : 04 mars 2009, 15:21
par Ventoux
Bonjour une connexion rapide juste pour donner un lien vers une page en Anglais qui nous donne l'avis de Robert Bigio sur le sujet. C'est un avis fiable car c'est un luthier fabriquant Anglais respecté d'excellente flute de concert en bois et quand on connait les problèmes de fentes sur les flutes dont les parois sont plus fines et parfois tubées, nos clarinettes sont à coté en béton armé. Voici le lien http://www.larrykrantz.com/oilwood.htm

En résumé pour les non "Angloiphone" :

Quelque soit l'huile utilisé, le bois de nos instruments (grenadille = dalbergia melanoxylon = "ébène" du mozambique) est trop dense pour qu'il pénétre vraiment en profondeur. Si on laisse plusieurs année un morceau de grenadille dans un bain d'huile, sous une faible épaisseur de surface, il est sec. Ce n'est donc pas la durée d'un bain d'huile qui empêchera un bois de craquer, mais sa résistance interne au déformation et à l'humlidité. Par conséquent l'huile c'est utile pour faire une barrière à l'humidité et éventuellement améliorer l'état de surface du bois pour une meilleure réponse de l'instrument etc.

Puisque l'huile ne pénètre pas, elle crée un film de surface. Ce film est plus résistant avec une huile siccative. Les huiles sicatives les meilleures pour cet usage sont dans l'ordre : l'huile de Tung et l'huile de lin (ne pas prendre l'huile de lin bouillie qui siccative mieux mais qui contient des cochoneries toxiques pour nos muqueuses). Plus la couche est fine meilleure est la protection car la pellicule sèche mieux et plus vite sans former un espèce de gel. C'est la raison pour laquelle l'huile de lin est de préférence chauffée un peu avant d'être appliquée ainsi elle est moins visqueuse et s'étale mieux pour faire un film mince et dur.

Il faut donc appliquer l'huile en petite quantité, enlever les excédents et laisser sècher l'instrument plusieurs jours. La fréquence dépend de l'évolution de la réponse de l'instrument. Boehm disait qu'il ne faut pas huiler le corp de l'instrument mais seulement la perce car pour huiler le corp il faut au préalable démonter le clétage afin de préserver les tampons.

L'huile d'amande préconisée par certain facteur n'est pas une huile siccative. Elle a le même effet que les huiles sicatives sur la surface en produisant un film hydrophobe fin mais cette pélicule est moins durable. Elle disparait vite avec le passage de l'écouvillon et donc il faut huiler plus souvent et toujours sans excès.

Voilà je ne fais que rapporter l'avis d'un expert mondial mais EricW dit exactement la même chose dans ce forum et son forum.

Posté : 04 mars 2009, 17:28
par Armand
super infos. merci !

Re: Ancienne clarinette tout ébène

Posté : 04 mars 2009, 20:47
par EricW
Je suis absolument ravi de lire que ce monsieur Robert Bigio confirme en tous points ce que j'avais fini par tirer comme conclusion en glanant mes infos à droite à gauche.

J'ajouterai juste un truc. Je pense que pour la première couche d'huile, si on la dilue dans un peu de térébenthine, elle pénètrera légèrement plus loin.

Et pour le coup je suis bien content d'avoir un bidon d'huile de tung (par contre tant que c'est pas siccativé, qu'est-ce que ça pue ce truc, genre vieille frite).

Eric

Re: Ancienne clarinette tout ébène

Posté : 04 mars 2009, 21:38
par EricW
Un précision concernant le huilage de la perce ou de l'extérieur.

Pour moi il faut huiler les deux. La raison est qu'ainsi, en créant un film sur l'intérieur et l'extérieur, on obtient une vitesse d'humidification identique à l'intérieur et à l'extérieur, réduisant ainsi encore un peu plus le risque de fente.

Eric

Re: Ancienne clarinette tout ébène

Posté : 04 mars 2009, 23:06
par Ventoux
EricW a écrit :Pour moi il faut huiler les deux. La raison est qu'ainsi, en créant un film sur l'intérieur et l'extérieur, on obtient une vitesse d'humidification identique à l'intérieur et à l'extérieur, réduisant ainsi encore un peu plus le risque de fente.
Je penche aussi pour cet avis d'ailleurs c'est ce que je fais sur ma vielle flute à six clefs.

Dans le texte original de Robert Bigio, il préconise aussi pour ses flutes un huilage du corp mais seulement aprés avoir démonté le clétage donc à chaque révision de l'instrument. C'est une façon de dire ne démontez pas vous même le clétage de votre flute.

Il y a un autre point interressant dans son article qui ne clôt pas le débat sur l'huile. Il rappelle que les conservateurs de musée ne partagent pas son avis et qu'ils ne préconisent pas de mettre de l'huile sur les instruments pour assurer une bonne préservation du bois. Lui assume sa position en tant que fabriquant d'instruments à vent utilisables.

Mais le point de vue des concervateurs à mon avis repose sur la même argumentation que celle de Ferron pour lequel, il ne faut rien mettre dans l'instrument et le laisser évoluer pour vivre sa propre vie en veillant à ne pas lui faire subir des écarts d'humité et de chaleur trop brusques. D'après Ferron le bois doit se stabiliser grace aux échanges avec l'atmosphère. Il y a l'idée qu'un instrument à vent se culotte avec la salive de l'instrumentiste et qu'il doit se faire avec le temps.

Je suis donc tenté de penser qu'il ne faut rien mettre (les clarinettes neuves sont déjà traitées) si on accepte que l'instrument évoluera et veillira souvent mal mais parfois en se bonifiant. Une perce dépolie avec des fibres ouvertes peut mieux sonner qu'une perce lisse. C'est le cas pour mes deux clarienettes en bois la meilleure est moins lisse. Une perce qui se ressere pourrait à la limite être recalibrée. C''est juste une question de rentabilité économique. Si le bon bois se fait vraiment rare on y viendra peut être. Si on accepte pas le veillissement alors il faut lutter contre et mettre de l'huile à dose cosmétique :wink: .