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Huile de lin ou d'amande?
Posté : 24 janv. 2009, 12:35
par Moïse
Bonjour à toutes et à tous,
Question pertinente et qui revient comme un leitmotiv...
Mais la question est importante et suite à une discussion sur le sujet, glanée presque par hasard sur la toile, voir le lien
http://acb.aa.franconville.free.fr/arti ... g=fr&pg=30
Je suis de plus en plus perplexe en ce qui concerne cette fameuse huile de lin conseillée par les luthiers...
Plus je sais, moins je comprends, ou vice versa!!!!

Re: Huile de lin ou d'amande?
Posté : 24 janv. 2009, 14:56
par Armand
Salut,
merci pour cet article, je vais persister avec mon huile d'amande douce. Sinon, on en parle sur ce forum régulièrement, par exemple
ici.
Re: Huile de lin ou d'amande?
Posté : 25 janv. 2009, 13:56
par abel
Tiens, c'est rigolo, je suis en cours de lutherie vents avec le fils de l'interviewé, Gilbert Hervieux; lui comme son papa préconisent effectivement l'huile d'amande douce; quant à moi, plus j'en sais moins je comprends, mais l'huile de lin n'est apparemment pas à bannir totalement, dans le cas de vieux instruments pas joués depuis longtemps par exemple, ou d'instruments neufs, le lin agit comme barrière protectrice à une trop grande et rapide différence d'humidité, protégeant l'instrument d'éventuelles fentes.
Une approche shakuhachiste des différentes huiles de traitement du bambou,
ici , pour les anglophiles...
Re: Huile de lin ou d'amande?
Posté : 25 janv. 2009, 16:30
par Marcel
mélange à 50% de huile de lin et huile de paraffine
Posté : 01 févr. 2010, 10:17
par Caldeira
Mon professeur de clarinette connait une recette de l'europe de l'est qui est un mélange à 50% de huile de lin et huile de paraffine qu'on utilise pour les clarinettes et taragots en Roumanie, Hongrie, Serbie et Rep. Tchèque. Apparemment là-bas ils plongent carrément le corps de l'instrument (sans les clés) dans cette solution. Mon professeur n'est pas si radical, mais il l'utilise pour huiler l'intérieur de ses instruments. Quelqu'un a déjà entendu parler de cette recette? Qu'en pensez-vous?
Posté : 01 févr. 2010, 12:17
par EricW
Caldeira a écrit :Mon professeur de clarinette connait une recette de l'europe de l'est qui est un mélange à 50% de huile de lin et huile de paraffine qu'on utilise pour les clarinettes et taragots en Roumanie, Hongrie, Serbie et Rep. Tchèque. Apparemment là-bas ils plongent carrément le corps de l'instrument (sans les clés) dans cette solution. Mon professeur n'est pas si radical, mais il l'utilise pour huiler l'intérieur de ses instruments. Quelqu'un a déjà entendu parler de cette recette? Qu'en pensez-vous?
Bien sûr. L'huile de lin est utilisée par les facteurs d'instrument pour traiter le bois au moment de la fabrication de l'instrument. Le bois est effectivement plongé dans l'huile de lin. Les fabricants chauffent même généralement cette huile pour la rendre plus fluide, et donc plus pénétrante, et le bain se fait même sous pression.
abel a écrit :Tiens, c'est rigolo, je suis en cours de lutherie vents avec le fils de l'interviewé, Gilbert Hervieux; lui comme son papa préconisent effectivement l'huile d'amande douce; quant à moi, plus j'en sais moins je comprends, mais l'huile de lin n'est apparemment pas à bannir totalement, dans le cas de vieux instruments pas joués depuis longtemps par exemple, ou d'instruments neufs, le lin agit comme barrière protectrice à une trop grande et rapide différence d'humidité, protégeant l'instrument d'éventuelles fentes.
Une approche shakuhachiste des différentes huiles de traitement du bambou,
ici , pour les anglophiles...
Yes Abel : l'huile de lin est une huile siccative. Autrement dit elle "sèche" (chimiquement c'est différent, mais pour expliquer c'est mieux), et forme alors un film solide qui freine le passage de l'humidité (c'est exactement le principe du ... linoléum, eh ouais !)
Et pour les francophones (qui peuvent être anglophiles d'ailleurs

),
mon article qui s'inspire grandement de l'article que tu cites (et le complète par quelques trucs).
J'aimerais bien savoir les arguments des tenants de l'huile d'amande douce. Ces huiles ne protègent en rien des delta d'humidité. Le seul intérêt, c'est pour 'usage que me préconisais mon luthier sur une clar neuve : badigeonner d'huile d'amande douce autour du tube de registre, pour aider le bois à relâcher les tensions qui se créent autour de cet insert.
Eric
PS: Abel, j'ai enfin accès à un tour, nom de d'la ça va charcler !

Posté : 01 févr. 2010, 12:23
par bass
Chez LEBLANC toutes les clarinettes haut de gamme etaient plongées danns un bain de cire d'abeilles liquide(on chauffait pour faire fondre)avant le boulage et le montage des clés,24 a 48h aprés.
Posté : 01 févr. 2010, 12:32
par EricW
bass a écrit :Chez LEBLANC toutes les clarinettes haut de gamme etaient plongées danns un bain de cire d'abeilles liquide(on chauffait pour faire fondre)avant le boulage et le montage des clés,24 a 48h aprés.
Comme quoi d'un fabricant à l'autre les techniques varient grandement ! Je n'avais jamais entendu parler de ça. Merci pour le renseignement.
Eric
Posté : 01 févr. 2010, 18:05
par bass
En revanche,chez B.C,ni huile de lin ni cire d'abeille mais du vernis cellulosique sur la partie externe de l'instrument juste apres le tournage du diametre exterieur et l'usinage des bosses(cheminées)avant l'operation de ponçage.
Posté : 02 févr. 2010, 07:31
par EricW
bass a écrit :En revanche,chez B.C,ni huile de lin ni cire d'abeille mais du vernis cellulosique sur la partie externe de l'instrument juste apres le tournage du diametre exterieur et l'usinage des bosses(cheminées)avant l'operation de ponçage.
Alors ça c'est a meilleure ! Une protection externe et pas interne. J'avoue que je suis perplexe. Bon, les buffet n'ont pas la réputation de fendre plus que les autres, mais je n'ai pas d'autre choix que de m'interroger : le choix de freiner le passage d'humidité par l'extérieur et pas par l'intérieur est, a priori, d'un point de vue physique, un non sens total.
Il n'y a aucun traitement interne de la perce ?
Posté : 02 févr. 2010, 12:05
par bass
Ormi un peu de cire en phase de finition de la perce(pour faire briller)rien a l'interieur,idem chez LEBLANC.
Posté : 03 févr. 2010, 08:56
par Caldeira
Caldeira a écrit :Mon professeur de clarinette connait une recette de l'europe de l'est qui est un mélange à 50% de huile de lin et huile de paraffine qu'on utilise pour les clarinettes et taragots en Roumanie, Hongrie, Serbie et Rep. Tchèque. Apparemment là-bas ils plongent carrément le corps de l'instrument (sans les clés) dans cette solution. Mon professeur n'est pas si radical, mais il l'utilise pour huiler l'intérieur de ses instruments. Quelqu'un a déjà entendu parler de cette recette? Qu'en pensez-vous?
EricW a écrit :Bien sûr. L'huile de lin est utilisée par les facteurs d'instrument pour traiter le bois au moment de la fabrication de l'instrument. Le bois est effectivement plongé dans l'huile de lin. Les fabricants chauffent même généralement cette huile pour la rendre plus fluide, et donc plus pénétrante, et le bain se fait même sous pression.
Mais... et par rapport au mélange à l'huile de paraffine? Comme je suis peintre (Coup de pub du nouveau site :
http://julianocaldeira.com 
), je connais bien les propriétés siccatives de l'huile de lin, mais l'huile de paraffine est tout le contraire : huile minérale non siccative. Par rapport au bois, elle est utilisé comme composant des cires de parquets. Je me demande si justement le fait de ne pas sécher peut intervenir sur le séchage de l'huile de lin, ou seulement si cette recette permet d'étaler une couche plus fine, car l'huile de lin est bien épaisse quand même.
Une idée?
huiler sa clarinette
Posté : 03 févr. 2010, 11:47
par gerguy
Ce que je peux dire c'est que j'ai démonté plusieurs fois mes clarinettes pour les imbiber d'huile de pied de boeuf pendant 2 semaines, puis je les essuyais plusieurs fois (gare aux aiguilles des ressorts) et le résultat était probant. Par contre je l'ai fait une fois avec l'huile de lin mais je l'ai regretté car cette huile a sèché et pas facile à enlever.....

Posté : 04 févr. 2010, 20:06
par Ventoux
bass a écrit :Ormi un peu de cire en phase de finition de la perce(pour faire briller)rien a l'interieur,idem chez LEBLANC.
çà va exactement dans le sens de Ferron qui dans Clarinette mon amie" donne sa position qui consiste à laisser le bois respirer naturellement et normalement avec l'humidité ambiante.
Posté : 04 févr. 2010, 20:28
par EricW
Caldeira a écrit :Caldeira a écrit :Mon professeur de clarinette connait une recette de l'europe de l'est qui est un mélange à 50% de huile de lin et huile de paraffine qu'on utilise pour les clarinettes et taragots en Roumanie, Hongrie, Serbie et Rep. Tchèque. Apparemment là-bas ils plongent carrément le corps de l'instrument (sans les clés) dans cette solution. Mon professeur n'est pas si radical, mais il l'utilise pour huiler l'intérieur de ses instruments. Quelqu'un a déjà entendu parler de cette recette? Qu'en pensez-vous?
EricW a écrit :Bien sûr. L'huile de lin est utilisée par les facteurs d'instrument pour traiter le bois au moment de la fabrication de l'instrument. Le bois est effectivement plongé dans l'huile de lin. Les fabricants chauffent même généralement cette huile pour la rendre plus fluide, et donc plus pénétrante, et le bain se fait même sous pression.
Mais... et par rapport au mélange à l'huile de paraffine? Comme je suis peintre (Coup de pub du nouveau site :
http://julianocaldeira.com 
), je connais bien les propriétés siccatives de l'huile de lin, mais l'huile de paraffine est tout le contraire : huile minérale non siccative. Par rapport au bois, elle est utilisé comme composant des cires de parquets. Je me demande si justement le fait de ne pas sécher peut intervenir sur le séchage de l'huile de lin, ou seulement si cette recette permet d'étaler une couche plus fine, car l'huile de lin est bien épaisse quand même.
Une idée?
Supposition :
Peut être que la paraffine sert à fluidifier un peu plus l'huile de lin et faire en sorte qu'elle pénètre dans le bois plus facilement ?
Difficile à dire.
C'est vraiment le sujet à la con ces histoire d'huile. Je n'ai jamais trouvé de doc avec des études un peu étayées. Je suis surpris qu'avec, par exemple, le boulot qu'il y a eu en recherche sur le côté acoustique de la clar (avec plein d'articles accessibles pour les anglophones), il n'y ait pratiquement rien sur ces histoires de matériaux.
Eric