Page 3 sur 5

Re: Pourquoi travailler le suraiguë ?

Posté : 10 mars 2009, 19:05
par pitchoulou
Flutio a écrit : Mon amour pour les suraiguë doit me venir de mon gout pour le piccolo :P
Il vaut mieux ça que "Mon gout pour les suraiguë doit me venir de mon amour pour le piccolo"
:mrvert:

Bien que la flute soit jolie

Re: Pourquoi travailler le suraiguë ?

Posté : 16 mars 2009, 12:02
par Henri
Pourquoi travailler le suraiguë ?

En ce qui me concerne ça m'évite de sortir la clarinette mi bémol en concert d'harmonie quand il n'y a qu'un morceau dans lequel elle a une partie originale (c'est-à-dire ne double pas les flûtes).
Exemple : le boléro de Ravel.
Ceci étant, le "vrai" suraiguë n'est que rarement utile, même pour remplacer la mi bémol.

Par ailleurs je trouve une satisfaction personnelle à jouer, dans "Au clair de la lune" de Jeanjean, la petite gamme en triple croches ré,mi,fa,sol,la,si,do au-dessus de la portée.(Il est écrit sur la partition : "cette mesure peut se supprimer au gré de l'exécutant, au moment même de l'exécution.")

Posté : 16 mars 2009, 12:42
par Tactus
Henri a écrit :En ce qui me concerne ça m'évite de sortir la clarinette mi bémol en concert d'harmonie quand il n'y a qu'un morceau dans lequel elle a une partie originale (c'est-à-dire ne double pas les flûtes).
Exemple : le boléro de Ravel.
Tu veux dire que tu joues le solo de petite clarinette, à la Si b ? :shock:

Re: Pourquoi travailler le suraiguë ?

Posté : 16 mars 2009, 18:54
par Henri
Tactus a écrit :
Henri a écrit :En ce qui me concerne ça m'évite de sortir la clarinette mi bémol en concert d'harmonie quand il n'y a qu'un morceau dans lequel elle a une partie originale (c'est-à-dire ne double pas les flûtes).
Exemple : le boléro de Ravel.
Tu veux dire que tu joues le solo de petite clarinette, à la Si b ? :shock:
Oui, car je fais les deux solos de clarinette :oops:
Bon, c'est peut-être choquant pour un puriste, mais déjà c'est en harmonie, donc pour les pizzicati de violon, ça craint un peu :wink:
Ensuite j'avais un chef de musique, il y a bientôt trente ans, qui détestait la petite clarinette (étant lui-même ancien clarinettiste des Concerts Colonne) et qui faisait jouer le solo de petite clarinette par une si bémol, mais par un autre que celui qui jouait le premier solo de clarinette.
Souvenons-nous d'ailleurs que Ravel a écrit dans le boléro un solo de saxophone sopranino en fa (instrument qui n'a, à ma connaissance, jamais existé), que Marcel Mule a joué dès la création au saxo soprano en si bémol, avec l'accord du maître. Il est très rare que ce solo soit joué aujourd'hui au saxo sopranino en mi bémol.

Posté : 16 mars 2009, 21:01
par Armand
Bah, moi je souffre au dessus du sol (suraiguë ... est il besoin de le préciser), et je sais pas, aujourd'hui par exemple aucun problème, j'ai pris une vieille anche de plusieurs mois alors qu'hier c'était le cauchemar avec une anche neuve vraiment trop faible ou mauvaise.

Est ce qu'à force de travail on arrive à sortir les notes mêmes avec un anche qui a priori n'est pas formidable ?

(heureusement que je fais cela dans un travail de gamme sur toute la tessiture parce que seulement taper dans le suraiguë, c'est vite très fatiguant pour moi.)

Posté : 17 mars 2009, 01:08
par Tactus
Henri a écrit :Oui, car je fais les deux solos de clarinette :oops:

Souvenons-nous d'ailleurs que Ravel a écrit dans le boléro un solo de saxophone sopranino en fa (instrument qui n'a, à ma connaissance, jamais existé), que Marcel Mule a joué dès la création au saxo soprano en si bémol, avec l'accord du maître.
Souvenons-nous aussi que cette pièce a été composée pour une présentation d'instruments, et que les instruments solistes sont tous différents. Avoir un saxophone soprano puis ténor ou un sopranino puis un ténor reste logique... Mais jouer les deux solos de clarinette à la Sib ne comporte absolument aucun intérêt, et en plus ça va à l'encontre de l'idée de la pièce qui est de faire entendre les timbres différents des instruments !

Re: Pourquoi travailler le suraiguë ?

Posté : 17 mars 2009, 09:20
par Henri
Tactus a écrit :
Henri a écrit :Oui, car je fais les deux solos de clarinette :oops:

Souvenons-nous d'ailleurs que Ravel a écrit dans le boléro un solo de saxophone sopranino en fa (instrument qui n'a, à ma connaissance, jamais existé), que Marcel Mule a joué dès la création au saxo soprano en si bémol, avec l'accord du maître.
Souvenons-nous aussi que cette pièce a été composée pour une présentation d'instruments, et que les instruments solistes sont tous différents. Avoir un saxophone soprano puis ténor ou un sopranino puis un ténor reste logique... Mais jouer les deux solos de clarinette à la Sib ne comporte absolument aucun intérêt, et en plus ça va à l'encontre de l'idée de la pièce qui est de faire entendre les timbres différents des instruments !
Bien sûr que tu as raison, mais dans nos petits orchestres d'amateurs, on fait ce qu'on peut, et avant tout pour se faire plaisir. J'aime bien aussi jouer le solo du Boléro à la mi bémol, mais j'avoue que je le trouve plus joli transposé sur ma Festival si bémol car ma petite clarinette n'est pas formidable !

Posté : 16 avr. 2009, 20:36
par Armand
Bon, c'est l'enfer quand même.

Cela fait environs un mois que je m'acharne sur do majeur/la mineur et la majeur (parce que je bosse un morceau en la majeur en ce moment). Je monte les gammes, seconde, tierce, quarte, quinte, sixte, septième, octave et ben dans le suraiguë c'est l'enfer. Je monte difficilement en double croche à 60 à la noire. Sachant que si j'enlève le suraiguë, je monte à 100 voir 120. Le pire, c'est que j'ai un mal fou à rentrer le suraiguë dans mes doigts. du jour au lendemain, je peux être obligé de ralentir à nouveau et de remonter progressivement le métronome. En particulier sur les sixtes, septièmes et octaves. Au bout du compte, cela fait facilement deux heures de gammes. blurp. Mais je veux que cela rentre, je veux les avoir dans les doigts.

Pour celles et ceux qui sont déjà passés par là ... si vous avez des conseils à me donner histoire que je ne découvre pas que je travaille de travers d'ici quelques mois ...

Autant vous dire que les morceaux, j'en travaille pas beaucoup.

PS : j'ai tout de même déjà dans les doigts depuis un moment déjà toutes les gammes diatoniques classiques ainsi que leur montée et descente en arpège (fondamental, tierce, quinte, septième, octave; genre "do-mi-sol-si-do").

La haut sur la montagne.

Posté : 03 juin 2009, 13:36
par francky69
parce-que Pierre de Coubertin !

Citius, altus, fortus. Plus loin, plus haut , plus fort. Donner le meilleur de soi-méme et de son instrument...
Maintenant, courir trés vite ou jouer suraigu si t'es pas compétiteur ou professionnel..., tu restes un passionné qui veut aller plus loin que la flute à bec du collége.

Moi, j'aimerais sortir proprement un sol 4éme ligne au dessus de la portée juste pour le plaisir de la maitrise et le placer démonstrativement dans un solo style cerise sur le gateau, de temps en temps. Parce que méme si c'est loin d'étre indispensable et hyper-musical, tous les mélomanes et musiciens les remarquent immédiatement, ces suraigus optionels et apprécie la perf.
En chant, violon et surtout dans les soufflants.

Posté : 03 juin 2009, 15:04
par EricW
Tiens c'est marrant, j'ai pas vu passer ça. JE réponds à la faveur d'une remontée du sujet.
Armand a écrit :Bon, c'est l'enfer quand même.

Cela fait environs un mois que je m'acharne sur do majeur/la mineur et la majeur (parce que je bosse un morceau en la majeur en ce moment). Je monte les gammes, seconde, tierce, quarte, quinte, sixte, septième, octave et ben dans le suraiguë c'est l'enfer. Je monte difficilement en double croche à 60 à la noire. Sachant que si j'enlève le suraiguë, je monte à 100 voir 120. Le pire, c'est que j'ai un mal fou à rentrer le suraiguë dans mes doigts. du jour au lendemain, je peux être obligé de ralentir à nouveau et de remonter progressivement le métronome. En particulier sur les sixtes, septièmes et octaves. Au bout du compte, cela fait facilement deux heures de gammes. blurp. Mais je veux que cela rentre, je veux les avoir dans les doigts.

Pour celles et ceux qui sont déjà passés par là ... si vous avez des conseils à me donner histoire que je ne découvre pas que je travaille de travers d'ici quelques mois ...
Ouais : personnellement je ne travaille JAMAIS comme ça. Jamais de travail de bourrin, jamais de gammes ou alors très très peu, uniquement dans le contexte (quand je dis contexte, c'est plus resserré qu'un morceau).
L'aigu et le suraigu ? Si je le travaille hors morceau, c'est uniquement len-te-ment. Des poses de son, des sons filés, mais jamais à fond de train dans des gammes. Pour le travail plus rapide dans l'aigu et le suraigu, c'est toujours dans le contexte du morceau, tout connement parce que je ne sais pas faire sonner une note de façon jolie hors de son contexte, froidement, et que du coup c'est du travail inutile pour moi de monter et descendre des gammes (la seule gamme que je m'autorise, et même m'oblige à faire en début de séance, c'est la chromatique, et lentement, pour le son). Poser des "belles notes" dans une gamme ? C'est quoi ce concept du beau qui fonctionnerait dans l'absolu ? Non franchement pour moi ça ne tient pas debout (et d'ailleurs je ne peux pas).
Armand a écrit : Autant vous dire que les morceaux, j'en travaille pas beaucoup.
Ben moi c'est tout le contraire : 95% de morceaux, 5% de technique

Mais je suis comme monsieur Jourdain : je fais de la technique sans le savoir. Genre, travail d'une grille (puisqu'on en parlait l'autre jour Armand :wink: ) : les accords 1 par un, rubato, sans tempo, et je brode dessus 20 ou 30 secondes, en notant mentalement ce qui sonne ou pas, et je passe au suivant. Et je recommence, mais cette fois 10 secondes par accords, etc ...
Au bout d'un moment je mets l'accompagnement auto et je plante mon premier chorus sur la grille. Quelques jours comme ça et t'as même plus besoin de la lire la grille, ni même de te rappeler le noms des accords qu'il y a dedans.

Donc éidemment, quand je fais ça je fais des bouts de gammes, des bouts d'arpèges, mais jamais complets, toujours en les réintégrant dans un discours en construction. C''est comme ça que j'enrichis mon vocabulaire, et qu'au passage je fais de la technique.
Armand a écrit : PS : j'ai tout de même déjà dans les doigts depuis un moment déjà toutes les gammes diatoniques classiques ainsi que leur montée et descente en arpège (fondamental, tierce, quinte, septième, octave; genre "do-mi-sol-si-do").
Pas moi :mrvert: :mrvert: :mrvert:
(si si je te jure en plus).

Bon, mais tout cela n'est que mon avis hein, je ne prétends pas à a supériorité de mon approche. Quoi qu'il en soit elle me convient :mrvert: (s'auto-serre la pogne :mrvert: )

Eric

Posté : 03 juin 2009, 15:56
par Armand
De mon côté, je doute forcément de mon approche sinon je n'en parlerais pas. D'ailleurs, je me suis un peu assoupli ces derniers temps. Bref, une démarche qui s'améliore, se corrige, se détériore aussi ... on avance quoi :D

Partir dans un excès puis revenir ...

Posté : 03 juin 2009, 16:25
par jp
Pour le suraigu (mais c'est pas mon point fort) j'ai toujours appris de façon très progressive. Les notes une par une, et pas plus d'une note par trimestre (à la basse c'est une par an mais j'en suis au contre-mi j'ai des excuses.. mais aussi des trous : j'ai pas le contre-ut# et le contre-sib me demande de réfléchir avant de jouer... et mon la suraigu est haut) et pour moi le critère "connaître" une note c'est pouvoir la jouer en impro sur scène. Après, pendant un mois ou deux, je vais décider d'améliorer une note (ou parce que je suis obligé, pour le sol# suraigu pianissimo j'avais ça en dernière note d'un trait dans un spectacle... il est obligé de progresser).
Mais vraiment... progressif. Surtout avec ces doigtés compliqués, faut prendre son temps pour que le système nerveux enregistre tout dans l'ordre et - presque - sans forcer.
jp

Mr Jourdain était-il un jazzmen ?

Posté : 04 juin 2009, 19:44
par francky69
Ben moi c'est tout le contraire : 95% de morceaux, 5% de technique
Mais je suis comme monsieur Jourdain : je fais de la technique sans le savoir. Genre, travail d'une grille (puisqu'on en parlait l'autre jour Armand :wink: ) : les accords 1 par un, rubato, sans tempo, et je brode dessus 20 ou 30 secondes, en notant mentalement ce qui sonne ou pas, et je passe au suivant. Et je recommence, mais cette fois 10 secondes par accords, etc ...
Au bout d'un moment je mets l'accompagnement auto et je plante mon premier chorus sur la grille. Quelques jours comme ça et t'as même plus besoin de la lire la grille, ni même de te rappeler le noms des accords qu'il y a dedans.
Donc éidemment, quand je fais ça je fais des bouts de gammes, des bouts d'arpèges, mais jamais complets, toujours en les réintégrant dans un discours en construction. C''est comme ça que j'enrichis mon vocabulaire, et qu'au passage je fais de la technique.
Tu réponds à une question de base :idea: : comment intégrer le travail technique dans son jeu. :shock: (au passage : bravo pour ton morceau "funkallero", ton jeu et l'accompagnement pour un tout trés homogéne, équilibré et un son super propre).

Je vais essayer ton approche Moliéresque du travail de grille mélant les"bouts de gamme et d'arpéges" et le dévellopement des idées musicales. Tu as tout dit quand tu dis :idea: "bouts, mais jamais complets" :idea: et intégration immédiate dans le jeu.

Je répéte des arpéges sur 2 octaves, puis d'autres et aprés 30 minutes, impossible d'aligner quelque chose de spontané et d'enchainer :oops: :cry: :( . Normal, trop de choses ! Mais des "bouts" que je trouve et que "j'ai" dans la téte et les doigts et les combiner, ouais, ouais...Segmenter...

Travailler de façon paragmatique pour l'appliquer tout de suite. J'avais remarqué le principe pour les chromatismes. Je décompose mon étendue (avec un suraigu en chantier) en 5 parties et je phrase ascendant et descendant avec musicalité et rythme (enfin, j'espére...). Je travaille mes attaques et le vibrato en fin de phrases.
Du coup, ce travail est agréable, "musical" et pas trop scolaire et répétitif (ma femme et mes voisins apprécieront) et recasable ou déclinable.

Mais sur les arpéges, je visais trop haut...Travailler ce que je peux appliquer...Hésites à exposer tes façons de travailler, de jouer ! Je suis preneur.

Posté : 04 juin 2009, 21:26
par nono
Ce que je sais par ma petite expérience, c'est que si les gammes permettent avantageusement d'améliorer sa technique, elles ne permettent pas spécialement d'improviser et n'apportent pas par elles même de techniques d'improvisation... il semble que ça se passe ailleurs, chais pas où...
Pour les suraigües, je travaillerai au dessus du la quand je tomberai sur une note au dessus. Pas avant, si ça se trouve jamais...

Posté : 04 juin 2009, 22:12
par Silvernote
Ecouter beaucoup de Jazz (ou un autre style, tout dépend de l'impro) est je pense un des facteurs primordiaux pour développer sa capacité à improviser. Le travail des gammes a cependant l'avantage de "former" l'oreille à des tonalités pas toujours habituelles, ce qui peut aider à se sentir plus à l'aise en impro.

En fait tout ça reste très personnel : certains fonctionnent beaucoup à l'oreille, d'autres travaillent beaucoup les grilles et le chiffrage d'accord, les gammes, etc. Je pense qu'une maitrise minimum des gammes est tout de même nécessaire, ne serait-ce que pour pouvoir jouer avec fluidité dans toutes les tonalités.

Mais ça n'est que mon humble avis :wink: