Tactus a écrit :comme une vérité fixe par tous.
Une convention est un accord volontaire. Elle ne peut donc jamais être une vérité pour ceux qui ne l'ont pas adopté et je dirait même qu'elle ne peut pas être une vérité.
Le vocabulaire est par nature conventionnel.
Tactus a écrit :J'ai ma conception (sonore) de certains mots, mais elle ne sera sans doute pas la même pour quelqu'un d'autre. Le but étant de pouvoir communiquer, il convient plutôt d'utiliser un vocabulaire qui "parlera" à l'interlocuteur plus qu'à soi-même.
C'est là tout
le problème. Ce n'est que ta conception sonore. Pour la communiquer donc la transmettre et la partager il faut que l'interlocuteur te comprenne. Si vous ne partagez pas une convention, c'est difficile de faire autrement en effet que de passer par la démonstration.
Mais dans ce cas on tombe dans
le particulier. Ce n'est même plus la peine de communiquer par
le langage puisque la démonstration suffit à elle seule. Cela à la condition que celui qui la reçoit, la perçoive de la même manière ce qui est impossible car on passe par
le filtre personnel des sens.
Tactus a écrit :De toute façon, pour expliquer ce que l'on veut décrire par l'utilisation d'un mot, rien ne vaut une démonstration sur la clarinette ou à la voix.
Certe cela peut être efficace. Mais si l'exemple ne suffit pas. Comment fait tu pour te faire comprendre? Comment peux tu présumer que ton vocabulaire lui parle à lui et non qu'à toi? Et lui s'il n'est pas en présence d'une autre personne comment peut-il transmettre
son expérience autrement que par la démonstration?
Les cuisiniers et les eunologues ont les mêmes problèmes puisqu'ils parlent de sensation pourtant les seconds ont développé un langage pour échanger. Si on s'intéresse à la façon de décrire un vin on remarque que de nombreux termes sont imagés "avoir de la jambe ou de la cuisse" "sentir
le cuir" "être briqueté" . Ces images sont parfois éloignées de l'univers liquide. Mais elles permettent de rendre compte dans un langage commun d'une sensation qui
le plus souvent renvoie à une réalité physico chimique ou à un procédé d'élaboration. Les mots peuvent être changés, d'ailleurs ils
le sont d'une langue à l'autre, mais ceux qui partagent la même convention,
le même protocole de communication, peuvent espérer se comprendre. Une convention ne signifie pas l'uniformité mais renvoit plutôt au moyen de faire ensemble au collectif. Si nous sommes d'accord on peut changer
le vocabulaire : un canard devient une oie mais
le son sera toujours aussi désagréable. Tiens celà me rassurerait de parler de multiphonique à la place de canard. J'aurai moins honte

.
Le langage du vin s'est établi vraisemblablement suivant les besoins du commerce pour parler du contenu d'une cuve en
son absence physique. Sur un forum on est loin du commerce de marchandise mais plus proche du sens commerce entre les hommes. Là aussi, il n'est pas possible de toucher car tout
le monde ne poste pas de
son. Comment donc parler du
son sans
le son ou parler du
son des autres? La difficulté est la même.
La question ne se pose peut être pas de façon aussi nette quand les musiciens se rencontrent dans un cours particulier. S'ils sont bons,
le langage musical peut leur suffire mais est ce toujours
le cas, pour ma part j'en doute...

.
Pour conclure ce que je pense vive les eunologues et les sommeliers même si je ne bois pas
le vin nécessairement pour en parler. De toute manière après un certain seuil çà devient difficile

.
Dommage, j'aurai bien aimé qu'il soit possible de sortir du "troc" sonore pour passer à un échange plus généralisé (çà sent l'économiste çà, c'est donc douteux. Enfin ils se comprennent

).